jeudi 5 novembre 2009

Mary, mythe devenu réalité, ou la conscience de soi.






Au delà de la compassion et de l'empathie, Mary (Marie-Madeleine) émeut, et touche profondément à ce qui en nous, reste caché et implicite. Notre âme est une conscience qui dort. Mary est si humaine, fragile et forte à la fois, universelle, qu'elle nous emporte avec elle.

Il fait noir, seul le son nous parvient, mélodie grave, gutturale et rauque, retenue dans l'épaisseur de l'ombre, la voix de la terre. Un croissant de lumière déchire l'encre noire de l'écran, découpe une ouverture, sculpte des parois, une cavité. Mary apparait, et nous naissons à Mary. Nous sommes dans la grotte, elle nous rejoint, l'atmosphère est étouffante, plus de musique, juste le bruit des pas, la respiration courte et étouffée de Mary, ses sanglots. Elle cherche, elle pleure son homme..

Mary, c'est Marie Palesi, jouée par Juliette Binoche, dans ce "film" dans le film, où elle incarne cette actrice, comme dans sa vie, mais laquelle..? Dès les premiers plans la confusion s'installe, s'étale, entretenue, liquide qui s'insinue dans les replis de l'esprit. Marie s'y perd et nous y entraîne.

Plus de lumière soudain, Elle se détache sur un fond noir, livide, en proie au doute, Elle vient de se réveiller dans son lit. Séquences et scènes semblent se confondre, l'alternance des images enchevêtrées les unes aux autres sans distinctions de temps, ni de lieu, ni d'espace, brouille les pistes.

Abel Ferrara peint sa toile, habile et sobre. Eloquent dans le silence. De ces bribes de rêves d'espoir, de ces parcelles de réalités graves ou décalées, de ces quêtes naissantes aux questions pressantes, il tire la texture filmique d'une utopie dansante et libérée enfin de prendre corps ainsi. Le mystère de Marie-Madeleine. Il nous plonge dans un continuum où l'espace d'une réalité cadrée, accueille celui du rêve qui se construit et s'incarne, à mesure que le sens du réel s'échappe et se dissout.. doute ou révélation..?

Nous sommes projetés dans une vertigineuse mise en abîme, où l'on ne distingue plus le film en fin de tournage, de l'espace filmique "réel", dans lequel nous entrons une deuxième fois, à la rencontre de Mary. Ou sommes nous? Dans les rues sombres de New-york toutes piquetées de fausses lueurs d'élégance, semblant si lointaines, comme immatérielles? A Jérusalem, sous les bombes? Un enfant qui hurle... Laquelle de ces séquences fusionnées, qui nous traversent, est le commencement, l'ombre d'une porte, la clef?

Voici que dans l'ombre surgissent soudain les anges. Celui-là vieilli et fané d'un blanc de théâtre qui s'effrite, aux ailes qui semblent de papier plié tourné. Il s'adresse à Mary, -"pourquoi cherches-tu les vivants parmi les morts?" Que voilà donc des mythes de curieux augure, sortis du rêve de Marie? cet espace où nous sommes, comme dans le lieu de toutes les origines, le ventre de la terre, berceau de la vie. Assistons nous à un rêve alors..? Ou serait-ce, ce que l'on désire en faire, créer, enfin à notre portée. Laissons nous toucher par la grâce discrète.

Marie P. transfigurée par son rôle, bascule d'une vie dans l'autre, perdue de n'être plus sûre de savoir qui elle est, et disparaît. Où chaque cadrage, chaque mot, chaque vide qui s'annule ainsi, absence et silence réunis, ne sont autres que des formes subtiles et complexes de la présence de Marie-P/M. Nous sommes déjà en train d'apprendre.

Images, saveurs, paroles, sens, persistent encore dans l'âme et le corps, longtemps après que leur source ait disparu. Marie-M, permanence essentielle, est autant le point de jonction que le lieu de rupture, l'épine de la couronne dans vos pieds, autant que l'espoir suprême à l'aura bienveillante, la trame du film. Son départ enseigne l'expérience initiatique de vivre la douleur de la perte de l'autre comme de soi, qui marque la chair et vous transforme à jamais. Il en va ainsi des vies qu'Abel a placé à l'écran autour d'elle.

Tony, réalisateur ou le refus de voir jusqu'à l'absurde, la portée philosophique et spirituelle de sa réalisation, dont il n'attend que succès et reconnaissance, où l'artifice d'un réel sans fondements dispute sa place à l'imposture.

Ted, présentateur d'une émission sur la religion, est une figure charnière.Ted est dans sa bulle, hors du temps, sa réalité a le goût d'une brève d'infos coincée entre deux spots de pub. Ted, erre dans sa vie, l'effleurant à peine, observateur décalé d'un temps qui n'est pas le sien, sans raisons, oubliant l'essentiel. Devenant père, il va vivre, survenant à lui-même, un déchirement cruel au delà du lieu de son entendement, et devenir humain.

Ted veut comprendre. Il commence à s'ouvrir, et choisi d'aller vers Marie, ultime recours dans sa détresse. Marie, auréolée de sagesse, celle qui a choisi sa vie afin d'en saisir le sens. Par lui, Marie parle et Abel tempête. Ted est déterminisme, comme un lien entre le ciel et la terre, le rêve et la réalité, le pont entre Tony et Marie. Le réalisateur et l'actrice.

"Mary", ou la nature de ce qui relie les êtres placés sur des chemins de traverse, errant avant que de trouver à se rencontrer vraiment, est image de ces lieux de questionnement, de l'âme et de l'esprit, au-delà du corps contraint à suivre, où l'on peut choisir de vivre sa conscience, ou que ce soit elle qui nous gouverne par défaut.

Un film à l'esthétique épurée et sobre, dont la clarté dévoile la part de l'ombre qui est en nous. Celle-là même où tout se joue. Au delà de la quête de la foi que l'on s'est accordé à lui attribuer, criant au génie pour les uns, au pathos pour les autres, Abel parle de la quête de soi.

Mary, film d'Abel Ferrara - France/Italie/USA - 2005,
Avec Forest Whitaker, Juliette Binoche, Matthew Modine
(Lion d’argent au festival de Venise 2005)

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jeudi 29 octobre 2009

Palimpseste II, hymne.

N'aies plus peur de te tromper ou de t'égarer.. Un chemin pour sinueux qu'il soit, en reste un, avec son emblée et son dessein. Oui, tu y-es.... Avance, regarde.. C'est vrai qu'il coule le sang des désastres, mais dans le flux et reflux de l'amour.

La mathématiques des astres te guide, imparable, avec pour énergie la fougue des tempêtes, envers et contre la fuite des jours..

La mécanique du désir est en marche, prêtant vie à la fiction... Faut-il attraper le papillon?

Je dérive, je suis orgie, et redeviens tendre élégie... Oh non jamais dithyrambe.. Je veux juste rendre un hommage à la beauté poignante de la vie.. Enfouie, anéantie, perdue.

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mercredi 28 octobre 2009

Cy Twombly, l'homme-geste, révérence infinie





















Et plus rien ne fut jamais comme avant. Zurich, ses ruelles.. Etait-ce Bâle? Je ne sais plus. Seul le moment vécu m'emplit encore, le sillon est creusé, toujours fertile, de cette portée qui dévore tout le reste. Ce jour là, défenestrée par la "fenêtre ouverte sur le monde" d'Alberti, je vis s'abolir la perspective, se diluer le paysage, jusqu'à l'univers infini.

Un immeuble, très petit, une porte, un escalier qui grimpe et tourne, son colimaçon se fondant en un couloir étroit, un dédale sinueux et dénivelé qui accroit l'humeur impatiente et nourrit l'étrangeté du moment. Le tracé est incohérent, j'ai le sentiment de traverser la ville entière ramassée en une portion de quartier.. Sans le guide je serai perdue. Je marche à sa suite, aussi muette que lui, presque dans l'ombre.

Soudain le jour se fait. Dans un coup d'oeil fébrile, j'aperçois une pièce à deux niveaux, un escalier à mi-chemin qui invite à la conversation.. Plus le temps, je ne sais plus d'où vient la lumière. J'ai dû m'asseoir sans doute. Déjà j'étais happée.. Je me rappelle seulement cette toile immense érigée comme un mur, la pièce en écho, sa vaste surface à la mesure du corps. Un théâtre offert..

Le silence s'impose.. je suis renversée.. Une injonction anéantit la distance, nous plongeons, tout entier, mes yeux, le corps, l'âme et les cinq sens, convoqués dans la matière.. La scène dressée-là m'appelle.. Je ne bouge pas, elle continue, me parle doucement: "N'aies crainte.." Un océan de matière, engloutissant une abondance de signes, m'atteint, m'entoure, m'emporte.. Je suis gagnée par le flot d'un langage parlé depuis toujours, mais oublié, enfoui..

"Regarde-moi, entre-en-moi et je vais vivre encore". Je me vois à l'entrée du vortex. L'image de Cy me traverse. Il sait et j'ai tout à apprendre. La surface peinte m'interpelle encore: "Je suis la terre, l'homme définit en son écrit, ton histoire, celle de l'humanité". J'y lis que tout surgit, advient et disparaît dans un même mouvement, mutation cyclique, ... vérité?

J'ai les doigts qui frémissent. J'intègre la chaîne, signe scriptural, tracé, griffé.. Je me souviens, "unités de langages", "phonèmes", devenant "textures", je me fonds dans la toile.. un crayon dans la mémoire. Les signes m'entraînent dans leur ronde, symboles "satoris", les traces éparses, folles et désordonnées me libèrent.

"Penses-y! Tout est métamorphose, rien ne nait du néant, il faut du temps, tu sais!! Tu dois recommencer, surenchérir, et quand bien même tu crois comprendre, le sens te contredit" ... "Non! Tu n'es pas gauche, tu vis... Non! Ce n'est pas ta main qui tremble, c'est ton coeur qui palpite, impatient"... "Tu dérapes, tu glisses, tu débordes? Les traces de ton corps, errant, et maladroit, sont plus morales que tu ne crois, ta nature et ta culture réunies, elles sont toi".

"Allez!! Regarde-moi encore, vois... je suis la grotte, le rideau de la scène pour le jeu de la vie, je t'offre ton humanité, le verbe.. Je ne dis rien, car je sais tout déjà. C'est pourquoi je ne montre pas, je ne définis plus. Inutile. Je me tais.. à toi de découvrir. Je suis "l'oeuvre ouverte" d'Eco qu'aucune interprétation n'épuisera.."

Plus que la somme des questions, un hymne.. Cy nous nargue, non..?

Je le vois posture, geste, je voudrais mes pinceaux, là, maintenant.. je valse des marges au centre, je cherche des appuis sur les lettres qui se forment, les traits légers, effacés,... palimpsestes... Un mot.. -Tu me cites? - "Oui je parle de tes ancêtres, écoute..Virgile, Atticus... Socrate et Platon.. "

Voici le geste archaïque et éternel qui dit l'homme archétype. Peu importe la forme qui toujours trahit, c'est le chemin vers la nature de l'homme, que la culture contredit autant qu'elle enrichit, qui nous définit.

Je saisis, comprends, mais je mettrai longtemps encore à me défaire des exigences absurdes de la représentation, carcan qui ne dit pas son nom.. Sous le joug duquel on croit refaire le monde.. Et à quoi bon? Je veux goûter comme Cy au festin de l'infini..

Cy Twombly - Sans titre - 1961, 202 x 240,5 cm.

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mercredi 21 octobre 2009

Marquise, fragile cathédrale.

























Ainsi que l’image appelle les mots, la réciproque est vraie.
De plus, tout objet fait image, relevant du processus qui mène à sa réalisation. Y poser le regard pour comprendre et définir..., si tel est l’objet de notre désir, alors c’est tout ce monde qu’il contient, qui peut reparaître à nouveau, libérant le mouvement qu'exige la création.

Petit si petit, semblant si fragile, blanc de nacre, usé, troué, incrusté de grains sombres, noircit par endroits seulement, je t’ai touché du pied, là dans le sable humide où j’avançais, laissant mes traces gourmandes, la peau léchée par la crête des vagues, sensuelles et versatiles.. A-demi enfoui dans cette étendue d’ocre-gris, où dansait une constellation de petites formes claires,... tu étais le point d’orgue de cet agencement.. Les algues poussées par l’eau comme en contrepoint linéaire et graphique pour parfaire le tableau..

La chair surprise, je posais mon regard sur toi, objet de mon émoi... coquillage ..tendis la main et t’ajoutais aux autres. Trésors d’une chasse toujours ouverte, collecte instinctive, réservoir de matières vives où puiser indéfiniment. C’était un geste réflexe, le verbe dans la phrase, soudé, l’eau que l’on boit pour étancher sa soif, sans y penser vraiment, et pourtant tout est là.

Ramasser, mettre à jour, redécouvrir... mais qu’en faire?

Voilà bien un support que l’on glane, même insouciant, à des fins autres que de conserver la seule trace du temps.. objet trouvé, petit trésor, tu es plus vaste que toi-même puisque se concentrent en toi la somme du moment, des sensations éprouvées, et ce, en nous, à quoi tu te relies invariablement, en le prolongeant, le désir de beauté..

Au-delà du visible, enveloppe privée de sa fonction, tu offres à la perception ta complexe nature, échappant à la réalité du moment présent. Large symbolique traversée par l’histoire et le temps dont le sens est enfoui, solidifié, additionné à ta matière, tu es légende, édification, modèle... Ponctuation de calcaire, tu es petit ouvrage, un pont cependant, lancé au travers des siècles, entre un lointain il y a longtemps et un maintenant si présent, englobant tant de vies.

C’est cet objet, comme tant d’autres, ramassé en présence de soi, à la surface des choses, qui ressemble à nos choix, devenant finalement support de la pensée, lieu de la réflexion, seuil de la création.

Carapace vide, organique structure reliant au souterrain où se tient l’origine des choses... Pourrait-on comprendre en observant l’objet, qui l’on est, la place que l’on occupe, même pour un court instant...?

Alors les mots surgissent pour définir. L’image survient, se pose.. Il y a des formes, des ombres, des creux, des trous.. le devant de la scène et les coulisses.. C’est la lumière qui définit tes contours et surfaces traduisant ton volume.. Tes glyphes sont l’écriture du temps et te parent de dentelles.. tu es la lune, la mort du soleil et le renouvellement... le blanc et le noir contenu, le tout plein, et le vide à remplir...

Mais non.....! Forts de la certitude goûtée quelques secondes, le sens à nouveau se dérobe, le cercle est révolu.. dans l’instant nous repartons.

Les mots, les images, les matériaux.. Oui, il en va ainsi des objets que l’on accumule, semblant tellement insignifiants parfois. La matière constitue soudain la chair des mots, le corps de la réflexion sur le désir de création, son impulsion enfin..

De la nature des choses, où le matériau que l’on choisit, est aussi celui dont on est fait. Le choisir encore nous nourrit par retour, c’est là que l’on transpose en création, que l’on s’enfante à nouveau, produit de la terre et de soi. Afin de saisir la vérité des choses et de la vie enfin, avant de la laisser s’échapper à nouveau. Mécanique du désir, moteur de la vie.

Nous sommes cette si petite chose, à l’élégance fragile, qui toujours se dérobe, cathédrale, silencieuse marquise, architecture percée de vues sur la mer et le sable, conçue par les assauts du temps, l’eau et le vent.. Petite dame sculptée, comme la figure emblématique d'une beauté transitoire, langage commun au monde..

Tu donnes à lire tes formes, révélant la durée écoulée, contraction du temps en un amas de matière, un éclat de lumière. Tu dis ce qui est faillible autant que ce qui naît, vit, et disparaît un jour, si volatile. Tu es encore là quand nous avons déjà disparu.

Ton image, moment différé de toi, est une réflexion sur ton identité, ainsi que sur la mienne.. Je te prends, te regarde, lentement, te fais rouler entre mes mains... Tes courbes, tes ombres portées, ta texture. Choisir de t’observer, de fixer ton image, c’est tenter d’atteindre à ton essence, la mienne peut-être, ainsi qu'au sens de toute chose.

Habitacle troué, tu dresses ta structure organique, à l’élégance soumise aux aléas des siècles, tu te fais grotte féconde pour un temps, doux berceau d’Aphrodite, et un jour tu te vides, resurgissant au regard, évoquant les eaux où tu te formes et son symbolique et fertile cortège, l’histoire du monde... ou l’aventure du vivant, une perle..

Quel que soit l’objet de la réflexion, et la nature de la création, c’est invariablement, dans la tension qui existe entre la douleur du manque, cruel, et les moyens de le contredire pour nous accomplir, que nous savons exister, entre un avant et un après, en n’égalant jamais le temps d’un coquillage...

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lundi 12 octobre 2009

"Vide avant gestation, imminence"

Je cherchais une réponse dans la matière épaisse du "Palimpseste,..", l'ayant pour un temps confondu avec la précision de la lumière qui désigne, en l'éclairant, le tracé des formes. La ligne, ainsi ordonnée, conduisant au volume où l'ombre soustrait au regard sa part solide, celle qui inscrit l'objet dans la réalité du support...: La toile, étant ce lieu où se rejoue le réel. Et je me suis reprise à imaginer que dans le récit re-présenté de la vie, je trouverai les clefs. Orgueil et vanité.. En serait-il alors fini de toutes les quêtes? Tout questionnement devenant à la fois modèle et réponse... Pourtant sur le chemin pour y parvenir, je me suis perdue. La matière colorée liquoreuse et lisse a submergé la scène, m'offrant de poursuivre..

Je cherchais à dompter, au lieu d'écouter, tranquille, et de laisser venir.. Et la couleur est revenue avec fracas, criant sa position bien-fondée dans le cercle des éléments qui composent ce théâtre, simulacre de représentation, fantasmagorie parodiant le réel, conviant l'abstraction à une place légitime..

"Revint alors le silence, accueillante matrice, qui au-delà des mots, sublime les sentiments, apprête la tristesse en une toile lisse, s'offrant à subir le plus doux des outrages, la caresse du pinceau dans le blanc de sa chair, comme les jours déposant, ardents et insatiables, leurs beautés aléatoires sur l'écran de la vie". "..." Pr V.

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jeudi 17 septembre 2009

Palimseste, naissance...

Chercher la vérité de la vie, même si on ne la saisit jamais, plutôt que de ne jamais trouver personne à qui crier son désespoir.... Celui de s'apercevoir que ce monde parfois si laid, est tellement sidérant.

Je ne l'aime pas encore cette peinture minuscule. Faut-il savoir s'arrêter? Bien souvent je ne sais pas.. Il me semble aussi que je ne veux pas (sa)voir.. Il est possible que demain elle ait encore changé.. Je le regretterai peut-être, ou même sûrement.. Mais je sais que je n'ai pas trouvé. Plus je regarde ces couleurs et ces traits, plus la mélodie sonne faux à mes oreilles, comme une rengaine facile et adipeuse, ronde à force d'être grasse, collante et prévisible. Qu'à cela ne tienne. Je dois continuer à chercher. Demain.. oui.. j'ai l'espoir d'apercevoir peut-être.. et d'accrocher un instant.. le fil de l'évidence, ou même un peu de cette simplicité que j'aimerai tant complice..

«L'éloquence est une peinture de la pensée ; ceux qui après avoir peint, ajoutent encore, font un tableau au lieu d'un portrait.» Blaise Pascal

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jeudi 6 août 2009

La part du rêve, trop beau pour être vrai..?



J'aime la légèreté autant que la profondeur de ce moment. Un passage, très court, qui semble durer pourtant. Il ouvre, avec une intense douceur, une brèche dans le tissu de nos souvenirs, dans la mémoire de nos propres rêves.. Celle des vies vécues, ou imaginées, voire ardemment désirées, qui s'entremêlent, agrégées les unes aux autres, incarnant une mémoire absolue.

Ce petit instant de folie tranquille et souriante, léger comme l'éther, remue, espiègle, le dépôt de nos souvenirs en sédiments, et l'atmosphère reste claire pourtant. Les matériaux dont il est fait, s'enchevêtrent, lentement, terriblement simples, comme une vaste trame offerte en scène archétype, où rejouer le théâtre de nos propres souvenirs, précieux comme de petites perles suspendues.. dont il devient l'écrin.

Emir nous offre la beauté de l'instant comme un appel à toutes nos beautés désirées et enfouies. Les images défilent au gré du paysage qui se déroule.. Ecran et véhicule se confondent, cela pourrait aussi bien être une barque, ou l'écran de notre conscience, à flot dans le déferlement des images... Le rythme s'accorde à notre biologie, nous happe, la vie à l'écran, entrant en nous comme on entre dans un demi-sommeil, juste avant le rêve.

Nous sommes Axel... dormant et éveillé en même temps, ou bien serait-ce l'inverse? Enfoncé dans les replis du sommeil pour voir plus distinctement la couleur de nos rêves, et ne rien laisser passer de ce moment singulier.

Alors rêve ou réalité? Cette rivière d'images, tranquille et leste serait donc le corps des songes d'Axel, matérialisés, incarnant, jusqu'au merveilleux, le paysage où se déroule la scène... J'aime la folie truculente d'Emir, son génie, à mettre en images, boucles mobiles, la puissance du désir dévorant, déraisonnable, celui-là même qui charrie tous nos rêves les plus fous..

Ecoutez cette berceuse joyeuse, coquine.. Qui a déjà vu hissés sur des pieds graciles, des mythes roses à quatre roues, qu'une silhouette fragile et désinvolte, nettoie négligemment d'un balai... Je repense au cochon dévorant une voiture, scène leitmotiv dans "Chat noir, chat blanc"... Il y a dans ces films une poésie aussi douce et belle, que l'ironie est joyeuse et humaine. Je collectionne ces moments avec délice, comme autant de portes ouvertes vers d'autres cheminements que je poursuis...

Extrait de "Arizona Dream" - 1993 - Emir Kusturica

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mercredi 15 juillet 2009

Mémoire de la chair, corps du rêve..



Nous sommes au coeur de la zone, mélangés.. La matière est vivante à l'écran... qui de l'eau qui s'écoule, à la fois fluide et terreuse, lumineuse et presque immobile, aussi filmique que liquide, faisant entendre un léger clapotis, qui de sa froideur mouillée sur notre main, qui de cette ambiance ample et bruissante, nous atteint en premier..? Ou bien est-ce cette matière sonore autant que visuelle, toute entière, déterminée et ouverte pourtant, qui nous enveloppe et nous baigne? Dans sa gangue amniotique, comme le foetus que nous étions, elle nous happe et nous maintient entre deux sphères, deux temps, celui du rêve et de tous les possibles, sur un cercle infini sans commencement et sans fin.. Nous ne sommes pas dans le secret mais Tarkokski aimerait nous y conduire. Et que nous le comprenions de façon implicite, en nous imprégnant de sa matière filmique. "Stalker" de Tarkovski - 1979

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lundi 13 juillet 2009

Inspiring Examples of Typography in Album Covers

J'aimerai commencer en rappelant la petite phrase clef de Klee, héhé..: "Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond". Il est étonnant, si l'on observe un peu, de constater à quel point la lettre fait image, autant comme signe scriptural, que comme marqueur visuel. Qu'identifie-t-on en premier, la lettre comme élément du mot ou l'image de la lettre? C'est selon. Il y a la dimension, la couleur, la place occupée dans la surface, le rapport avec la lettre d'à côté, le style, l'intention.. hé oui, il y a aussi ce que l'on désire en faire. Objet-image ou surface texturée, signe à décrypter ou mystère insondable sans traduction possible, éclat coloré qui capte le regard pour être vu, ou lu? Ou les deux? C'est un jeu, et le pratiquer est déjà écrire, déjà dessiner, déjà créer. User des innombrables ressources que renferme la combinaison, des deux fait prendre conscience de l'importance de l'intention, de la volonté, et du propos recherché. Et l'on se rend compte également que l'on peut user de ces ressources pour construire ce propos, les faire siennes pour les amener dans son chemin, et au travers de cet usage, découvrir d'autres voies. Les ramifications sont complexes, infinies, ouvertes.
La lettre a pour moi autant l'importance du sens et du son qu'elle construit, que de la forme qu'elle dessine. La lettre est son en mon oreille, et image en mon esprit. Quelques liens encore, vers le graphisme, la typographie, d'autres plus tard.

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Des questions encore...

A trop multiplier les moyens de diffuser l'information, de la partager, de l'étaler, de la découper en petits bouts choisis sans trop de discernement, juste par envie, ou parfois même simplement pour passer le temps... qu'en reste-t-il? Prend-on encore le temps de la lire, l'étudier, l'approfondir, la vivre? Et respirer entre tout ça... Rêver entre les lignes, et aimer encore, écouter de la musique et se laisser bercer par elle, installé dans son fauteuil ou allongé dans l'herbe chauffée par un soleil d'été.

S'inscrire sur tout ces sites; Facebook, Twitter, Brightkite, friendfeed, GoogleConnect.. etc. Renvoyer l'information diffusée par d'autres, oui, c'est une idée belle et louable, lorsque cela permet entre autres de mettre en exergue, très vite, des évènements violents comme ceux qui ont eu lieu en Iran, illustrés dernièrement encore avec l'emprisonnement de cette jeune française, passionnée de ce pays, pour de fallacieuses raisons, surtout liées directement au conflit qui oppose l'Iran à l'occident dans la question de la diffusion de l'information justement... On comprend bien-là le risque d'une information largement diffusée pour un pays qui pratique l'usage avéré et exagéré de la chappe de plomb, nécessaire à sa tyranie.

Et pourtant.. mais aussi... rester soi, avec ses idées, opinions, rêves, désirs, préoccupations. N'est ce pas par sa singularité que l'on prend place dans ce monde et que l'on y apporte..? Que veut dire suivre et se faire suivre, quand l'outil qui le permet devient une fin en soi? Cultiver sa singularité et proposer aux autres d'y goûter, en toute humilité et modestie avec l'espoir de voir s'étendre une certaine philosophie de la vie, où les richesses que nous recélons en nous, que nous devrions constamment chercher à faire émerger, sont comme un point de départ. Rayonner alors, diffuser, donner, échanger, partager, apprendre, grandir, avancer, ont des fondements profonds qui jalonnent, justifient, ramifient, relient pour un continuum humain de chair et d'os, de sentiments et d'émotions, de lois et de droits, mais de devoirs aussi.. Où la solidarité à un sens, autant que l'empathie, la compassion qui ne sont plus vraiment monnaie courante aujourd'hui, ou alors quelques pennys, voire des sesterces aussi. C'est quoi pour vous le sens de la vie?

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samedi 11 juillet 2009

Source d'inspiration, respiration...




Il y a l'histoire dont le fil se déroule au rythme des images qui défilent, s'allongent, s'étirent, s'écoulent.. Avec l'apparente tranquilité d'un récit qui ne laisse émerger du drame, que des traits graphiques, des sons, des expressions, une course, une chute.. un arrêt sur image, un visage appuyé contre une vitre, mort, qui semble pourtant juste endormi..


Le temps du récit est là, et néanmoins c'est notre temps à nous, dans lequel Haoyama pénètre avec la chair des émotions, comme la réalité intègre le rêve après nous avoir emplis, et avant de s'incarner à nouveau à notre temps vécu et à vivre. L'identification est forte, nous sommes en lévitation un mètre au dessus du sol, en prise directe avec des images dont le corps et aussi le nôtre. Carte visuelle, graphique et ataviques de nos sensations, comme les signes stigmatiques de nos peurs, nos douleurs, nos luttes, nos traversées vers la lumière..


Nous avançons à la recherche du vide absolu, celui où tout se termine, nous nous délestons progressivement des fautes, des blessures. Le paysage est lavé, presque vide, seule la texture photographique en mouvement, palpitante, non plus structure mais substance nourricière, y est comme la trame d'une vie nouvelle possible..


Il y a les personnages, pleins, quasi-muets, neutres au point de nous laisser entrer en eux. Ils sont les marqueurs de la souffrance jusqu'à l'absurde, axes humains autour desquels temps, paysages et récit se structurent. Avec eux nous respirons, nous faisons retour en nous mêmes, nous nous avançons vers un ailleurs, au dehors de nous, laissant la vie passée sédimentée en strates serrées, souterraines, apprises, acceptées, faire le lit d'une possible vie réinventée à construire.. "Eureka" de Shinji Aoyama - 2000


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dimanche 5 juillet 2009

Quelques mots pour toi

Site à prendre le temps de visiter, savourer.. vous n'avez pas le temps? Retournez-y, encore et encore...: Dédié aux Arts-Plastiques, sa passion, sa vie, par Sylvain Helmbacher, Arts-Plastiques: http://www.sitesh.com/site/Accueil-64.html En cliquant sur le titre de ce billet ....quelques mots d'adieu.

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mercredi 17 juin 2009

Avec toi où que tu sois.. With you anywhere you are..
























Maintenant je ne te parlerai plus.. et pourtant je t'aime encore.. Alors c'était le moment de partir.. Sorti marcher... Pas rentré... les lieux que tu aimais t'ont gardé... Tu es parti avec le goût des cerises, et ton ombre a fait corps, la nuit qui suivait avec la terre, les cerisiers lourds de leur fruits, entourés de framboisiers parfumés.

Now I won't speak to you anymore. And however I still love you. Then it was the moment to leave. Got out, to have a walk… Not returned… The places which you liked, have kept you… You left with the taste of cherries, and the night which followed your shadow formed one body with the ground, the heavy cherry trees of their fruits, surrounded by scented raspberry canes.

Mood of that day: Entre le rideau des larmes, je cherche dans ma mémoire, la couleur de tes sourires, le son de ta voix si présente encore, tes derniers mots, la tarte sur la terrasse, le vin partagé... ton énergie.. mes crayons sont muets, mes pinceaux immobiles, il y a ce vide énorme qui m'aspire et que je ne saurai jamais combler..

1944-2009 ..Rest in peace my daddy

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mardi 16 juin 2009

A mon père...to my daddy..

Tu es parti, hier.... personne ne sais où tu es. Tu es parti, sans rien. Je savais que tu étouffais... Tu te sentais seul.. Très.. Je ne sais où tu es, je t'imagine seulement. Je t'espère. Je t'aime.

You left, yesterday…. nobody knows where you are. You left, without nothing. I knew that you suffocated… You felt so lonely, so much. I do not know where you are, I only imagine you. I hope you. I love you.


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vendredi 12 juin 2009

Je "voulais".. mais j'ai "découvert"




















Il n'est pas fini et sans doute déjà trop travaillé, je ne vois plus rien. Je le laisse un peu. Je verrai, peut-être, plus tard quel chemin poursuivre, ou il ira dormir dans un carton. "Corps Intérieur n °38"



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MUMOK: Museum moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien


Cy Twombly, Studio Gaeta (with Bacchus Paintings), 2003, Color dry-print, Collection Cy Twombly, Foto: Archiv Nicola del, © Cy Twombly. Voilà ce que j'y découvre entre autres.. par chance: Expostition Cy Twombly:
"Sensations of the moment" de Juin à Octobre.. Il n'y a jamais de hasard.



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MUMOK: Museum moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien

Head on... Who wan'ts to live there? I will seek some more infos... Done!.. Just above.. Dom Dada's photostream on Flick'r

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J'aimerai assez pouvoir permettre aux internautes de passage de déposer un avis ça ou là. Je n'ai pas encore trouvé comment faire. Je ne m'arracherai pas les cheveux. Je prendrai le temps qu'il faut. En attendant un mail est toujours possible si vous le souhaitez. Et si vous savez comment on fait... pour activer ce truc-là... dites-le moi.. siouplé!

I would like to be able to allow the Net surfers to give an opinion, and to make comments. I did not find yet how to make. I will not tear off myself my hair. I will take the time wich is necessary. While waiting for, an email is always possible if you wish it. And if you know how to do... to activate that stuff.. tell me.. please!


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jeudi 11 juin 2009

Chemin des formes.., passages, Recherche, substitution

Essai de mise en page pour un projet de livre..., recherche sur les rythmes, les liens entre chaque page, tentative de visualiser l'emploi du matériau choisi, intégration dans la page, quelle place, quelle fonction...? et comment l'associer à d'autres médiums? Le but étant d'avoir une accroche visuelle qui est comme un support pour le travail, permettant de trouver d'autre idées, d'autres modes de fonctionnement et d'extrapoler, étendre, simplifier.. Et poursuivre.

Test of page layout for a project of book…, research on the rhythms, bonds between each page, attempt to visualize the use of chosen material , integration in the page, what location, what function…? and how to associate it with other mediums? The goal being to have a visual catch, which is like a support for work, allowing to find some other ideas, other operating processes and to extrapolate, to extend, to simplify. And to carry on…


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mercredi 10 juin 2009

Ebauche





Ce qui arrive quand on n'arrose pas son bonzaï ... rien n'est perdu, tout commence..


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Noisettes: The count of Monte Christo

Une belle voix, mobile tantôt légère, de presque fluette elle devient parfois rauque et enjoleuse... une voix qui s'amuse et profite autant qu'elle séduit... l'accompagnement musical tient du jeu, souvent, ...de l'expérimentation, vaste. Difficile de déterminer dans quel champ musical le groupe s'inscrit tant sa palette est large... le talent suit.. le plaisir est là...

A écouter, le dernier album "Wild Young hearts". A commencer par "Sometimes". Savoureux aussi, "Atticus".. Toutes n'ont pas cette tranquille et néanmoins mobile atmosphère.. mais il en y en a pour toutes les oreilles et pour tous les moments. A regretter le rythme un peu rapide de certaines doublé d'un accompagnement qui dépote!

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Cy Twombly

A part trois "p" à "apposer". L'article est argumenté, référencé mais concis... A 81 ans, le peintre sourit toujours, de ce sourire qui refleurit sans cesse... Blooming, plongée dans la couleur, pied de nez à la représentation et à la surenchère des images, aussi vides de sens qu'elles sont pléthore..
"Blooming" - 2007 - Mixed Media - Acrylique, crayon, craies grasses sur bois - H: 252 cm x L: 551.9 cm - Gagosian Gallery


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Finger painting on mars

"Fingerpainting on Mars" un site renvoyant vers d'autres. Néo-Collages de travaux et d'artistes.. A farfouiller si on a le temps.. Images-support, exutoires, prolongation de la pensée et du processus de création.

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mardi 9 juin 2009

Tones... curls... shiver waves



"Otherwise", Morcheeba. Source Utube

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"Dei"


Isolée dans une bulle musicale, l'esprit suspendu aux notes, me viennent les couleurs, sur une portée indécise et sinueuse, les formes me tendent les mains.. je suis encore de l'autre côté du voile avec mes crayons et mes pinceaux, je dois choisir ET laisser venir...

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lundi 8 juin 2009

Walking and travelling works

When dreams coming from souls cover the walls, and become images viewable by everyone, allowing our glance to have a walk on it, like a story playing its graphic rule, to seduce us, to bring us with it definitively... Automatic writing between dream and reality, unconsciousness and awareness..?
Clic on the title and have a walk in his website.









Painted walls of Chica Poca

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dimanche 7 juin 2009

Work In Process

Où suis-je exactement, à quoi donner de l'importance maintenant? Je me surprends moi-même, je découvre des choses que je n'avais pas forcément voulues ... comment continuer sans aller trop loin, où intervenir..

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samedi 6 juin 2009

Source d'inspiration, respiration...



Fresque dramatique sur la vie d'une famille indienne composée de trois parties: La Complainte du sentier," Aparajito" (l'invaincu), "Apu Sansar" (le monde d'apu) ayant pour pivot la jeunesse, l'adolescence et la maturité d'Apu qui commence sa vie dans un petit village du Bengale et la poursuit à Calcutta. Ce film présenté au Festival de Cannes fut boudé par le public et la presse. Seul A. Bazin et quelques rares chroniqueurs en remarquèrent les grandes qualités. Satyajit Ray fut piqué par le septième art après avoir découvert " le voleur de Bicyclette" et "Le fleuve". "Pather panchali" -Satyajit Ray - Scène du train

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Outils.. Coin de bureau..


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Mood of my day



"Silver", Bonobo, Source: Utube

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Grey Mood.. However is still a light

Humeur de ce jour-là: "Je cherche toujours mon chemin, entre un fatras de considérations administratives et mes pinceaux qui me font de l'oeil.."

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